La Suisse constitue un terrain d'observation intéressant en matière de végétalisation des façades, car elle compte de nombreux sites accidentés et montagneux. C'est là que les plantes de notre « collection résistante au gel » ont déjà fait leurs preuves par le passé. Dans l'ensemble, ce sont la vigne (Vitis vinifera), les arbres fruitiers en espalier, comme par exemple les abricotiers, et la vigne vierge (Parthenocissus quinquefolia) qui ont dominé.
Ayant échappé aux ravages de la guerre, la Suisse peut se réjouir de posséder dans ses archives des collections d'images intactes. On y trouve ainsi des centaines, voire des milliers d'images réalisées selon des techniques historiques (dessin à la plume, lithographie, etc.) représentant des maisons et des localités datant du début du XIXe siècle, à partir de 1800 environ. On y trouve des illustrations de maisons recouvertes de végétation, mais aussi de nombreuses représentations de maisons dépourvues de végétation. On trouvait parfois du lierre, par exemple sur les châteaux forts et les châteaux. Dans l'ensemble, on remarque toutefois qu'avant 1850, seules des vignes étaient utilisées ; contrairement à ce que l'on pourrait croire, on ne trouvait donc pas non plus de fruits en espalier, ni de formes basses en candélabre comme sur les murs du château de Versailles (France), ni de grands arbres formés sur des treillis en bois. Ces derniers n’apparaissent en réalité que sur des photographies datant d’environ 1900. Il semble qu’avec eux, la végétalisation des façades se soit également étendue aux régions de haute altitude de la Suisse, où auparavant seules des jardinières trônaient sur les rebords de fenêtre.
Vers 1900, on trouve soudainement de nombreuses végétalisations avec de la vigne vierge (probablement toujours Parthenocissus quinquefolia, éventuellement aussi Parthenocissus inserta ou « Engelmannii »), sans doute en remplacement d’anciennes treilles de vigne ou comme végétalisation pionnière dans des zones d’altitude auparavant dépourvues de végétation. On observe parfois d’autres plantes telles que des glycines et des roses.
Il est également remarquable que presque toutes les images montrent des végétalisations en milieu rural ou dans de petites localités, alors qu’on ne trouve pratiquement aucun exemple pour les grandes villes, c’est-à-dire pour l’« espace urbain » dense. La situation était apparemment différente en Allemagne, comme le montrent les exemples de Leipzig.
On utilisait le plus souvent des treillis en bois de construction classique, rarement d’autres formes. Parfois, la vigne était également cultivée sur des murs à l’aide de fils horizontaux, comme c’était plutôt l’usage en France.
Les images ci-dessous proviennent de nos propres collections et des archives suisses mentionnées. Elles ont été classées par canton. Les images les plus anciennes sont, dans la mesure du possible, toujours présentées en premier dans les galeries.
C'est ici, à Schwellbrunn, à environ 970 mètres d'altitude, que se trouve la commune la plus haute du canton ; même là-bas, on a pu observer quelques végétalisations sur les façades.
De nombreuses façades végétalisées ont été répertoriées dans le canton de Berne. Il convient de mentionner tout particulièrement la « Collection de toutes les paroisses rurales du canton de Berne » de Jakob Samuel Weibel, datant de 1825 environ, dont seuls quelques motifs sont présentés ici. Cette collection comprend environ 40 autres images de presbytères végétalisés ; souvent, les plantes sont identifiables comme étant de la « vigne ». Le « Kurhaus Rosenlaui » abritait probablement les végétalisations murales les plus hautes de Suisse, à plus de 1 300 m d'altitude.
Dans ce canton, des plantations ont été réalisées à environ 1 000 mètres d'altitude, par exemple avec des abricotiers (Prunus).
Dans le canton du Jura aussi, on trouvait des arbres fruitiers en espalier à 1 000 mètres d'altitude ! Il est surprenant de constater que l'on y cultivait également, et surtout, des abricots, tout comme à Glaris. Peut-être pour distiller soi-même de l'eau-de-vie d'abricot ?
Au Tessin, on trouve de nombreux exemples historiques de végétalisation des façades avec de la vigne, une pratique qui est encore courante aujourd'hui. Il est impressionnant de constater que l'on y cultivait même des agrumes, comme des oranges, sur les façades.
Contrairement à Bâle ou à Schaffhouse, il existe pour Zurich un nombre assez important d'illustrations représentant des végétalisations de façades historiques.